La réussite classique, en grand format lisible. Cliquez sur une carte puis sur sa destination.
Comment jouer au solitaire sur cette page
La table ci-dessus est une réussite Klondike complète, mélangée au hasard à chaque partie.
Sélectionner puis déplacer
Pas de glisser-déposer : on joue en deux clics. Le premier sélectionne une carte face visible, qui se borde de doré ; le second désigne la destination — n’importe quelle carte de la colonne d’arrivée, un emplacement vide ou une fondation. Un nouveau clic sur la carte choisie annule la sélection, et un coup illégal ne fait rien bouger.
Cliquer une carte au milieu d’une colonne la sélectionne avec toutes celles posées par-dessus : le bloc entier se déplace, et seule sa carte de tête est confrontée à la destination.
Le talon et la défausse
Le talon, à gauche, affiche le nombre de cartes qu’il contient encore. Chaque clic en retourne une seule sur la défausse, dont seule la carte du dessus est jouable. Une fois le talon vide, il affiche ↻ : un clic y renvoie toute la défausse, et les cartes se représentent dans le même ordre.
Le bouton « Monter aux fondations »
Il examine la carte du dessus de la défausse et la carte visible du bas de chaque colonne, puis envoie aux fondations tout ce qui peut y monter, jusqu’à ce que plus rien ne parte. Il ne pioche pas à votre place et ne déterre aucune carte enfouie. Surtout, il est gourmand : il expédie aussi les petites cartes dont le tableau avait besoin. Rien ne redescendant d’une fondation ici, gardez-le pour la fin de partie.
Le compteur et la nouvelle donne
Le libellé « 24 cartes en pioche » compte le talon et la défausse réunis : les cartes qui n’ont pas encore trouvé leur place. Le bouton Nouvelle donne rebat aussitôt, et il n’existe pas d’annulation : chaque clic est définitif.
La règle de tirage retenue ici : une carte à la fois, et un nombre illimité de repasses sur le talon. C’est la version la plus indulgente du Klondike, et ce choix change tout : les 24 cartes du talon restent accessibles à tout moment, si bien que la difficulté n’est plus la pioche mais le tableau. En tirage à trois cartes et trois passages — la version de tournoi —, une bonne part du talon devient inatteignable.
Les règles complètes du solitaire Klondike
La mise en place
Sept colonnes de tailles croissantes : une carte pour la première, deux pour la deuxième, jusqu’à sept pour la dernière. Cela fait 28 cartes, dont seules les sept du bas sont face visible ; les 21 autres restent cachées. Les 24 cartes restantes forment le talon.
Les quatre fondations
Quatre emplacements attendent les quatre familles, à remplir dans l’ordre croissant : as, 2, 3… 10, valet, dame, roi. Une fondation vide n’accepte qu’un as ; ensuite, seule la carte supérieure de la même famille est admise. Les cases affichent ici un symbole de repère, mais c’est le premier as posé qui fixe la famille.
Le tableau et les suites alternées
Sur les colonnes, les cartes se posent en ordre décroissant et en alternant les couleurs. Rouge : cœur et carreau ; noir : pique et trèfle. Un 9 de cœur reçoit donc un 8 de pique ou un 8 de trèfle, jamais un 8 de carreau. Le valet vaut 11, la dame 12, le roi 13.
Seule la carte du bas d’une colonne peut en recevoir une nouvelle. Dès qu’une carte cachée se retrouve en dernière position, elle se retourne : c’est le moteur de la partie.
Les colonnes vides
Une colonne entièrement vidée n’accepte qu’un roi, ou une suite dont la carte de tête est un roi. C’est cette contrainte qui fait la difficulté du Klondike : la place libérée ne sert à rien tant qu’aucun roi n’est disponible.
La pioche et sa relance
Quand plus rien ne bouge, on retourne une carte du talon ; elle se joue aussitôt ou reste sur la défausse. Le talon épuisé, la défausse y retourne et l’on repart pour un tour, autant de fois que nécessaire ici.
Gagner ou rester bloqué
La réussite est gagnée quand les 52 cartes sont montées aux fondations. Elle est perdue lorsque aucun coup légal n’existe plus : rien à déplacer, rien à monter, et un tour complet du talon sans rien de jouable.
Stratégie : bien jouer sa réussite
Priorité absolue : retourner les cartes cachées
Au départ, 21 cartes sont face cachée, dont six dans la seule septième colonne. Jugez chaque coup à cette aune : est-ce qu’il retourne une carte ? Entre deux coups équivalents, choisissez celui qui dévoile une inconnue ; un coup qui ne retourne rien peut presque toujours attendre.
Ne montez pas systématiquement aux fondations
C’est l’erreur la plus coûteuse. Une petite carte laissée au tableau n’est pas perdue : elle sert de point d’accueil aux cartes de la couleur opposée. Montez le 5 de pique trop tôt, et les deux 4 rouges perdent la moitié de leurs points de chute — s’ils sont enterrés, la colonne ne se dégagera jamais.
La règle prudente, celle qu’appliquent la plupart des montées automatiques : ne montez une carte de rang N que si les deux fondations de la couleur opposée ont atteint le rang N−1. Un 5 noir ne part donc que lorsque cœur et carreau sont au moins au 4 ; les as et les 2 échappent à cette règle. Ici, la prudence s’impose d’autant plus qu’une carte montée ne redescend jamais.
Colonnes vides et rois disponibles
Vider une colonne est le coup le plus rentable du jeu, mais l’emplacement ne se remplit qu’avec un roi : avant de vous acharner, vérifiez qu’un roi est accessible. Quand plusieurs se présentent, préférez celui dont la couleur convient à la dame que vous avez sous la main — deux rois noirs dans vos deux colonnes vides, avec deux dames noires en main, ce sont deux impasses.
Par quelle pile commencer
Attaquez d’abord les colonnes les plus profondes : la septième cache six cartes, la sixième cinq, et ce sont elles qui verrouillent la donne. Les colonnes courtes, elles, sont vos candidates à la mise à vide.
Anticiper le talon
Avant de vous engager, faites un tour complet du talon sans rien jouer : savoir que le 7 de carreau attendu est dans la pioche, et non enterré dans la cinquième colonne, change tout l’ordre de vos coups. Et puisque le talon repasse indéfiniment, ne prenez une carte de la défausse que si elle fait progresser le tableau.
Les erreurs qui coûtent la partie
Cliquer « Monter aux fondations » dès les premiers coups : le bouton expédie aussi les 3, 4 et 5 dont le tableau avait besoin.
Vider une colonne sans roi à y mettre, en croyant se ménager une case de manœuvre — elle n’en est pas une.
Déplacer une suite pour « faire de la place » et enterrer au passage la carte cherchée.
Piocher par réflexe alors qu’un coup utile attend sur le tableau.
Combien de donnes peut-on espérer gagner ?
Personne ne l’a calculé exactement. Les estimations publiées situent ce plafond autour de 79 % en tirage à une carte, pour un joueur qui verrait toutes les cartes cachées : une donne sur cinq est perdue d’avance. Un humain, lui, ne voit rien de ce qui est caché : les taux constatés tournent plutôt autour d’un tiers à une moitié des donnes en tirage à une carte, nettement moins en tirage à trois.
Histoire du solitaire
Les réussites arrivent tard dans l’histoire des cartes : on n’en trouve pas trace dans les recueils avant la fin du XVIIIᵉ siècle. Les premières descriptions imprimées apparaissent dans des recueils allemands, puis dans des ouvrages français au tournant du XIXᵉ siècle — à une époque où l’on tirait aussi les cartes pour y lire l’avenir, ce dont le vocabulaire garde la trace : une « réussite » est d’abord un présage favorable. L’anglais a retenu patience, encore employé en Europe, tandis que l’usage américain a imposé solitaire. Quant à la légende qui prête ces réussites à Napoléon exilé à Sainte-Hélène, aucun document sérieux ne l’étaye.
Le nom de Klondike vient d’ailleurs : de la rivière Klondike, au Yukon, et de la ruée vers l’or qui y attira des dizaines de milliers de prospecteurs à partir de 1896. La manière exacte dont le nom s’est fixé n’est pas documentée. Le jeu a circulé sous quantité d’appellations : on le rencontre encore sous le nom de Canfield en Grande-Bretagne, alors qu’aux États-Unis ce mot désigne une autre réussite.
La bascule décisive date de 1990 : Microsoft livre Solitaire avec Windows 3.0. Le programme a été écrit par Wes Cherry, alors stagiaire chez l’éditeur, et les dos de cartes sont l’œuvre de Susan Kare, déjà connue pour les icônes du premier Macintosh. L’objectif n’était pas de distraire : il s’agissait d’habituer des millions d’utilisateurs à la souris et au glisser-déposer, geste alors nouveau. Livré avec Windows pendant des décennies, il est devenu l’un des logiciels les plus utilisés de l’informatique personnelle — Wes Cherry a raconté depuis n’en avoir jamais touché le moindre droit d’auteur. En 2019, Microsoft Solitaire a fait son entrée au World Video Game Hall of Fame.
Les autres grandes réussites
Le Klondike n’est qu’une réussite parmi des centaines. Quatre autres familles à connaître.
Spider
Deux jeux de 52 cartes et dix colonnes. On empile en ordre décroissant sans se soucier des couleurs, mais un groupe ne se déplace que s’il est d’une même famille. Chaque suite complète du roi à l’as quitte la table : il en faut huit.
FreeCell
Les 52 cartes sont visibles dès le départ, en huit colonnes, avec quatre cases libres : presque tout devient affaire de calcul. Sur les 32 000 donnes numérotées de la version Microsoft, une seule est réputée impossible, la n° 11982.
Pyramide
Vingt-huit cartes forment une pyramide de sept rangées. On retire les paires dont la somme fait 13 : dame et as, valet et 2, 10 et 3, et ainsi de suite. Le roi vaut 13 et part seul. Une carte ne se prend que si rien ne la recouvre.
Tri Peaks
Trois sommets à démonter en enchaînant les rangs : on retire toute carte immédiatement supérieure ou inférieure à celle de la défausse, l’as se raccrochant au roi comme au 2.
Questions fréquentes sur le solitaire
Toutes les donnes sont-elles gagnables ?
Non. La proportion exacte n’a jamais été calculée, mais les estimations publiées situent autour de 79 % les donnes gagnables en tirage à une carte, pour un joueur qui verrait toutes les cartes cachées. Privé de cette information, un humain en gagne bien moins.
Faut-il monter les cartes aux fondations dès que possible ?
Non, et c’est l’erreur la plus fréquente. Monter trop tôt un 5 noir prive les 4 rouges d’un point de chute au tableau. Ne montez une carte de rang N que si les fondations de la couleur opposée ont atteint le rang N−1 — les as et les 2 exceptés.
Combien de fois peut-on repasser le talon sur cette page ?
Autant de fois que vous le souhaitez. Le talon se retourne une carte à la fois et, une fois épuisé, un clic sur le symbole ↻ y remet toute la défausse. Cette absence de limite rend la version proposée ici bien plus indulgente que le Klondike de tournoi, en tirage à trois cartes et trois passages.
Peut-on redescendre une carte d’une fondation vers le tableau ?
Non : sur cette page, une carte montée aux fondations y reste définitivement. Raison de plus pour ne pas monter trop vite, et pour réserver le bouton « Monter aux fondations » à la fin de la partie.
Peut-on déplacer plusieurs cartes en une seule fois ?
Oui. Cliquer une carte face visible au milieu d’une colonne la sélectionne avec toutes celles posées par-dessus, et le bloc se déplace. Seule la carte de tête est vérifiée : à vous de veiller à ce que la suite transportée soit bien ordonnée. Les fondations n’acceptent qu’une carte à la fois.
Quelle est la différence entre solitaire, patience et réussite ?
Trois noms pour la même famille de jeux de cartes à un seul joueur. « Réussite » est le terme français traditionnel, « patience » l’appellation courante en Europe, et « solitaire » l’usage américain, devenu majoritaire depuis que Windows a diffusé le jeu sous ce nom.